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COTE D’IVOIRE/PILLAGE DES BANQUES DE LA BCEAO : LES MASQUES TOMBENT

Par RAOUL PEPIN

Accusé par les autorités de son pays d’être le principal responsable des casses des banques de la BCEAO, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo espère que toute la lumière finira par jaillir sur cette affaire qui le condamne à 20 années de prison.

Au moment le moins attendu, les révélations sur ce scandale de pillage des banques en côte d’ivoire suscitent un engouement particulier et laissent le peuple ivoirien dans la totale confusion. En effet selon un journal en ligne sénégalais «  derniereminute.sn », repris par plusieurs journaux de la place, l’évaluation complète des dommages causés à la Bceao par les casses des agences de Bouaké, Man et Korhogo, serait de 1.038 milliards de FCFA.

Par Raoul Pépin  Mbena  Bena

Nos confrères révèlent  par ailleurs que cet argent  volé aurait  d’abord été stocké au Burkina Faso qui servait  de base-arrière à la rébellion armée ivoirienne avant d’être convoyé par avion au Sénégal pour y être blanchi.il s’agit vraisemblablement d’un autre pan de l’histoire lugubre de la côte d’ivoire qui risquerait blesser les sensibilités. Malheureusement il est à constater que  les chiffres avancés pour la première fois et qui sont estimés à 1.038 milliards, comme l’avait écrit un journaliste qui a fini par la suite en prison, serait bel et bien blanchi au Sénégal. L’on serait ainsi au cœur  d’une mafia économique dans laquelle  se trouveraient  de grands bandits au sommet des Etats africains, rapporte notamment derniereminute.sn à la faveur de la récente visite au Sénégal du président de l’assemblée nationale ivoirienne.

LES FAITS

En 2003, Guillaume Kigbafori Soro est  le secrétaire général des Forces nouvelles. La rébellion armée qui a défiguré la Côte d’Ivoire pour s’installer dans sa partie septentrionale, à l’occasion du coup d’Etat manqué dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 contre les institutions de la République. Il  se dit que le président actuel de la côte d’ivoire fut l’un des principaux financeurs de la dite rébellion. Les hommes de Guillaume Soro régnaient  en maîtres absolus sur la zone Cno, pillant tout au passage et arrachant les biens matériels aux populations. C’est  ainsi qu’en 2003, ils auraient braqué les agences Bceao de Bouaké, Man et Korhogo.

POSSIBILITES D’UNE IMPLICATION DES HAUTES AUTORITES AFRICAINES

Sans prendre peur, les Forces nouvelles qui composent aujourd’hui l’essentiel des forces pro-Ouattara dites Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), auraient  tranquillement éventré tous les coffres-forts des agences Bceao emportant tout  leur contenu. Certaines sources indiquent clairement que le blanchissement des 1.038 milliards a été possible grâce à des complicités à la direction de la Banque centrale et au  sommet de l’Etat sénégalais. Allusion faite à Me Abdoulaye Wade, alors président de la République du Sénégal. Les mêmes sources précisent que, Des dizaines de milliards provenant de ce blanchiment auraient  été investis dans l’immobilier, dans la restauration, dans l’hôtellerie, au Burkina Faso. D’autres ont été investis un peu partout en Afrique et même au Brésil, où des Ranchs ont été achetés. Il est surprenant d’attribuer une si lourde responsabilité à quelqu’un bien qu’étant président de la côte d’ivoire en cette période ne contrôlait pas le territoire en question. Par quelle alchimie a-t-il pu orchestrer ces pillages ? Pourtant l’ancienne direction de la Bceao dit détenir les noms de toutes les personnes ayant bénéficiée de cet argent volé.  Pourquoi ne lui demande t-on pas ces noms ? Qui se cache derrière ces pillages ?personne n’a été poursuivi en dehors d’un pauvre Béninois qui s’était fait avoir à Bouaké par un ex-rebelle et qui a été brièvement interpellé à Bamako en possession de plusieurs millions provenant des agences braquées.  La France qui fait partie des actionnaires de la Banque centrale, a voulu faire arrêter tous les cerveaux des attaques contre ces agences, mais des chefs d’Etat dont les pays ont massivement profité de ce vol, n’ont pas voulu s’associer à l’opération, parce qu’elle les mettait en difficulté eux- mêmes. Et les choses en sont restées là. Sauf qu’un palliatif a été trouvé en la personne de Laurent Gbagbo qui devrait porter le chapeau  de cet acte criminel.

On se rappelle qu’en son temps, un journaliste sénégalais en avait payé le prix fort. El Malick Seck alors directeur de publication du journal 24 heures, avait été jeté en prison pour 3 ans fermes pour avoir cité le président sénégalais dans un article intitulé « Pillage des banques de Korhogo et Man, Wade et son fils Karim mouillés ».

Amath Dansokho, aujourd’hui ministre d’Etat dans le gouvernement Macky Sall, prenant son courage en main  a confirmé ses accusations anciennes sur les collusions financières entre Wade et les ex-rebelles ivoiriens qui ont pillé les agences de la Banque centrale à Bouaké et à Korhogo.  Il aurait  évoqué des mécanismes du blanchiment. Non sans promettre de révéler la liste des «hautes autorités» sénégalaises impliquées dans ce vol. «Je maintiens que l’argent a été blanchi ici à Dakar ». Le ministre des Finances ivoirien de l’époque a dit ici, et personne n’a protesté. Autant d’indices qui montrent à suffisance l’implication du pouvoir sénégalais  de l’époque dans le pillage des banques bceao en côte d’ivoire. Selon les révélations d’un agent  secret italien, Wade a été découvert parce que lorsqu’il voyageait, il amenait dans les soutes de l’avion présidentiel des milliards d’euros, de devises qu’il prenait à la Société générale et  qu’il  faisait échanger  avec des francs Cfa qu’on reversait à la Banque centrale. Les gens se sont rendu compte qu’il y avait des billets issus de casse des banques de la Côte d’Ivoire. Il échangeait 1 franc ivoirien, qui a la même valeur au sénégal, avec 50 centimes sénégalais. Il a fait tellement de scandales financiers, et c’est d’ailleurs pourquoi il dit que son fils est un génie en ingénierie financière. C’est pour l’habillage…», ajoute le ministre d’Etat sénégalais.

La mission d’évaluation de la Bceao à Bouaké en vue de procéder à un état des lieux, suite au cambriolage subi dans l’agence de Bouaké, a eu lieu le mardi 30 septembre 2003. Selon le procès-verbal de l’huissier de justice, Me Sylla Ibrahima, requis par Guillaume Soro, chef de la rébellion armée, la mission a travaillé de 11 h 30 de 17 h 20. Outre les émissaires de la Banque centrale, l’opération a nécessité la présence de plusieurs forces en présence. Notamment les Forces nouvelles représentées par Alain Lobognon, conseiller spécial chargé de l’image du secrétaire général du Mpci et des Forces nouvelles, M. Konaté Sidiki, porte-parole du Mpci, Cissé Sindou, chef de cabinet du secrétaire général du Mpci et le commandant Dély Gaspard, représentant le Mouvement pour la Justice et la Paix dit Mjp, membre des Forces nouvelles et le commissaire Ouattara Seydou, Préfet de police de la zone sud du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire. Et la Banque centrale représentée par Nangoh Angoua Célestin, chef de mission, directeur de l’antenne régionale de Bouaké, M. Mbow Moussa, agent de la Bceao et M. N’Goran Augustin, également agent de la Banque. Des éléments d’un détachement des Forces armées françaises, la Licorne, représentés par l’adjudant Baulard Christophe, officier de police judiciaire des Forces Armées de l’opération Licorne, commandant la Brigade Prévôtale de Yamoussoukro, assisté du gendarme Bitz Willy. Il y avait aussi des éléments des Forces armées de la Cédéao sous la direction du commandant Barnabo Nampoukiné du Togo, une composante de la Force internationale d’interposition, étaient aussi présents dans l’enceinte de l’établissement bancaire. Certains veillaient sur la sécurité du déroulement de l’opération, un huissier commis par Guillaume Soro. La dite mission d’évaluation tenue par un timing court n’était visiblement pas à mesure de faire un travail serein .on dirait une simple formalité qui ne devrait rien apporter tellement les choses paraissaient arrangées dès le départ .D’où  cette incompréhension entre les émissaires de la bceao et les représentants de la rébellion armée.

Manifestement, la vérité tant suscitée  par l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo se dessine à pas géant, quelques figures insoupçonnables y feront surface et malgré leurs soutiens aussi puissants qu’ils peuvent être, ils finiront par rendre gorge. Si le jugement ne viendra pas des hommes, Dieu le fera pour la manifestation de la vérité.

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